Communiqué de presse


En 1989, Félix Guattari décrit une expérience télévisée menée par le « naufragé volontaire » Alain Bombard : un poulpe vivant dans les eaux polluées à l'extrême du Port de Marseille, meurt quelques instants après avoir été plongé dans une eau saine. Cette mort prématurée et étrange, c'est la démonstration de « l'adaptabilité irréversible » citée dans les Trois Écologies (Paris, Galilée, 1989).

Stay Quiet explore ces trois écologies - environnementales, sociales et mentales - au cours d'une exposition collective organisée à la manière d'un cabinet de curiosités : une sélection d'objets, de subjectivités et de singularités. Le long d'une peinture murale multicolore, se tisse une réflexion ouverte sur l'impact des idéologies environnementales dans la société contemporaine. Climatisation incontrôlable, devenir insectoïde, présence interstitielle du sauvage, architectures-caméléon, paysages gelés, interaction homme/nature, prolifération des espèces, sanctuaire de l'oiseau... les œuvres et les thèmes se répondent pour former ensemble un possible récit d'anticipation.


Le Collectif MU est une structure de production artistique indépendante créée en 2003 à Paris. Elle rassemble des artistes, des producteurs et des techniciens.


Installations ou performances, les créations collectives de MU opèrent une série de glissements dans le réel par la diffusion de sons, la projection d'images, la traversée de paysages et de scénographies. Les territoires investis deviennent espaces expérimentaux propices à l'introduction de nouvelles fictions.




Stay Quiet - Nature 2.0, exposition du collectif MU

© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2010. Tous droits réservés

Wave, Vincent Voillat & Anna Lemoine
Wall painting

Fil d'Ariane reliant les œuvres de l'exposition, ce wall painting évoque aussi bien une courbe de température que la variation d'un signal sonore. Traversant l'ensemble des espaces d'exposition, il constitue en lui même un vaste panorama. Entre skyline multicolore et paysage vallonné, il rappelle que la position face aux enjeux environnementaux est variable dans le temps, selon les époques, et dans l'espace, selon le pays ou le lieu où l'on habite.


Clim, Philip Griffiths
Installation sonore

Comme les systèmes de climatisation, les innombrables machines-prothèses qui peuplent notre environnement respirent. Elles parasitent l'environnement par les sons qu'elles émettent et ne sont pas sans impact sur le réchauffement climatique. Ici la perception de l'espace est régie par la diffusion d'une série de climats acoustiques élaborés à partir d'un travail de recyclage et d'amplification des artefacts sonores résiduels émis par ces machines. Aléatoire et autonome le programme de CLIM échappe à toute tentative de contrôle...


Wild skin, Éric Daviron
Série de photographies

Entre écorces d'architectures, déliquescence du tissu urbain et surgissements d'une nature interstitielle, la peau de la ville respire le sauvage. De manière chirurgicale, ces photographies opèrent une série de prélèvements pour dresser le portrait d'une ville caméléon, dernier refuge de la biodiversité.

Beast, Olivier Forest
3 vidéos - 3 x 3'

Dans de vieux souvenirs, ou des visions, les formes de vie se mélangent : robots, intelligences artificielles, cafards-caméras... Antennes crépitantes et impulsions électriques en continu, c'est notre devenir insectoïde qui se met en œuvre dans la connexion permanente à l'espèce.
Dans l'interzone qui entoure la ville, quelque chose du rêve animal passe entre nos antennes. Les animaux vivent dans un rêve parallèle au nôtre. Pour eux, une rue n'est pas une rue, un immeuble n'est pas un immeuble, un jardin n'est pas un jardin. Traversée d'une ville génétiquement modifiée.

Wild App, Collectif
Vidéo - Application iPhone géolocalisée

Wild est une application iPhone présentée la première fois à l'occasion de la manifestation Naturel Brut (WWF) au Parc des Buttes Chaumont. Wild propose une exploration de la ville fondée sur l'amplification sonore de la présence des espèces sauvages. Cette collusion entre son et espace fait naître une série de climats éphémères et invisibles qui engendre le renouvellement de la perception. Wild agit comme révélateur d'une présence fantôme, annonciatrice d'une biodiversité en train de disparaître.
Wild a été primée par le festival Bains Numériques.



Frozen, Vincent Voillat et Philip Griffiths
Impressions sur calque et bande son

Paysages touristiques sous différentes latitudes. Au cours d'un siècle de transformation des techniques de reproduction des images, les modes de représentation de ces lieux touristiques sans aspérité ne semblent pas avoir été affectés. Pris dans les glaces, devenus atemporels, ils tendent alors vers l'abstraction...


Climax, Vincent Voillat, Philip Griffiths, Olivier Guillerminet
Installation sonore interactive

Près du sol, un triangle gravé dans une plaque de métal avec en son centre une main qui appelle le toucher. Autour, des silhouettes d'oiseaux planent silencieusement... Le contact de la plaque thermosensible déclenche des cris qui se distordent et se mélangent pour habiter l'espace. Cette interaction simple génère des algorithmes complexes et évoque directement l'impact de l'activité humaine sur le climat et sur la surreprésentation de certaines espèces.


Collectif MU, Stay Quiet - Nature 2.0, Galerie Le Sommer environnement, 2010, work in progress Collectif MU, Stay Quiet - Nature 2.0, Galerie Le Sommer environnement, 2010, work in progress

Collectif MU, Stay Quiet - Nature 2.0, Galerie Le Sommer environnement, 2010, work in progress

Exposition du 30 novembre 2010 au 28 janvier 2011. Galerie Le Sommer environnement, 5 bis rue des Haudriettes - 75003 Paris.

Archives expositions collectives 2ème semestre 2010

  Stay Quiet - Nature 2.0, exposition du Collectif MU
  Galerie Le Sommer environnement , Paris
  30.11.2010 - 28.01.2011