Extraits du dossier de presse


Romances sans Paroles est une exposition miroir. Elle reflète notre temps, nos préoccupations, elle livre des inquiétudes et des contrariétés, mais jamais ne se morfond.


Les oeuvres rassemblées font état d'un monde vaste et difficile à cerner qui se cherche et se teste. Les Romances sans paroles de Verlaine sont mystérieuses et amères mais celles de Mendelssohn sont mélodiques et gracieuses et c'est sur ces deux tonalités que s'expriment les artistes de l'exposition. Ils s'emparent des objets de leur quotidien pour les interroger sur des modes plastiques allant de la sculpture à la photo, vidéo, de l'installation au dessin.


Un premier ensemble d'oeuvres introduit la notion de limites. Par le truchement de déplacements, de ré-écritures, les artistes décloisonnent leur environnement. Mathieu Mercier construit une Cage à oiseaux selon un procédé vectoriel habituellement destiné à l'image de synthèse. Bertrand Lavier interroge dans Walt Disney Production le statut de la sculpture issue du quotidien en donnant valeur d'oeuvre à une sculpture qui ne l'était pas initialement.


Cette étude des limites laisse une place belle à l'ironie, au décalage. Elle nécessite une fine observation mais se définit par sa qualité expérimentale. Nous disons communément "chercher ses limites". Roman Signer les teste à travers ses installations. Mircea Cantor, avec son Chaplet les trace avec force et émotion sur les pourtours de l'espace pour dénoncer leur statut de frontière. Dans Here is Johnny! Jérémy Ledda considère la limite sans issue, obsessionnelle et infranchissable, tandis que Laurie Franck avec Mickey et Happy End ose la dépasser et suspecter par-delà un monde désenchanté.







© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2010. Tous droits réservés

Romances sans paroles à la Kunsthalle Mathieu Mercier, Cage à oiseaux, 2004. Cage à oiseaux métallique et couple d’oiseaux 80 x 130 x 90 cm. Production Hermès, La Verrière, Bruxelles. Collection Frac Alsace, Sélestat. Photo : Fabien de Cugnac S.A. © ADAGP

Ci-contre :


Mathieu Mercier, Cage à oiseaux, 2004. Cage à oiseaux métallique et couple d’oiseaux 80 x 130 x 90 cm. Production Hermès, La Verrière, Bruxelles. Collection Frac Alsace, Sélestat. Photo : Fabien de Cugnac S.A. © ADAGP


Jérémy Ledda, Here is Johnny !, 2010. Vidéo projection sur porte. Porte en bois 200 x 75 cm

S'intéresser aux limites, c'est également se poser la question des équilibres, des points de rupture. Daniel Firman en fait son objet de recherche et Gathering constitue la trace d'une de ses expériences.


L'art de l'assemblage, très présent dans la sculpture contemporaine, permet aussi de poser plastiquement les conditions d'équilibre.


Dans un jeu de dualité, Kayak grillé de Jean-Michel Sanejouand réunit un kayak et un rouleau de grillage, tandis que Reiner Ruthenbeck dans Tuch mit Spannrahmen imbrique tissu et métal et confronte le carré au rond. Ce jeu d'assemblage des matériaux et des formes convoque leurs caractéristiques afin de les fragiliser et d'en extraire leurs relativités.


Parallèlement, d'autres artistes s'intéressent à définir ou redéfinir des territoires ou encore à questionner leur identité. David Renaud avec Mégo Aroug, Abyssinie représente un territoire inconnu de son public mais qui, le temps d'une oeuvre, attire tous les regards. Par un processus qui à la fois complexifie et simplifie la lecture topographique d'un site, il déplace nos intérêts vers une région du monde que lui seul érige à travers son oeuvre.


Ci-dessus :
Jérémy Ledda, Here is Johnny !, 2010. Vidéo projection sur porte. Porte en bois 200 x 75 cm

Ci-contre :
Jean-Michel Sanejouand, Kayak grillé, 1965. Kayak et grillage 520 x 82 x 80 cm. Collection Frac Alsace, Sélestat. Vue de l’exposition La Force de l’art. Grand Palais, Paris, 2006. Photo : Ludovic Sanejouand


Jean-Michel Sanejouand, Kayak grillé, 1965. Kayak et grillage 520 x 82 x 80 cm. Collection Frac Alsace, Sélestat. Vue de l’exposition La Force de l’art. Grand Palais, Paris, 2006. Photo : Ludovic Sanejouand

Federico Guzman, par un principe de déplacements, de voyages et de rencontres, redessine une cartographie mondiale faite de focus et d'humanité. Claire Willemann avec le Puits déplace la problématique du territoire dans le champ de l'industrie et, à travers son intérêt pour le design, définit un espace qui ne serait plus soumis aux normes imposées, de son avis, non démocratiques.


Pascal Auer enfin invente un autre territoire, virtuel et fictif, celui de son label Parasite Rec. Il développe un projet ancré dans aucune réalité géographique et qui existe selon un organigramme et une logique propre.


La définition de nouveaux espaces ne s'entend pas sans qu'il soit question d'une quête d'identité. Jimmie Durham, Indien américain, se dit aujourd'hui nomade et citoyen du monde, mais dans des oeuvres comme Teeths, il affirme ses racines et ce en quoi elles le constituent.


Matthew Day Jackson, dans Pitfalls of Utopian Desire, se penche lui aussi avec attention sur l'histoire de son Amérique et de son possible devenir. Marie Verry s'ouvre davantage à des territoires intimes, elle laisse libre champ à ses rêves et visions et se construit à partir de ce monde intérieur autant qu'avec des images "réelles".


Romances sans Paroles laisse sans doute une impression mélancolique. Il pleut doucement sur la ville, aurait dit Arthur Rimbaud mais nos artistes, malgré leurs humeurs sombres, promènent un regard poétique et ironique qui fait fait plutôt sourire et laisse entrevoir des mondes imaginaires, pourquoi pas visionnaires, tout à fait plaisants et attirants.


Les artistes : Pascal Auer, Mircea Cantor, Matthew Day Jackson, Jimmie Durham, Daniel Firman, Laurie Franck, Federico Guzman, Bertrand Lavier, Jérémy Ledda, Mathieu Mercier, David Renaud, Reiner Ruthenbeck, Jean-Michel Sanejouand, Joe Scanlan, Roman Signer, Marie Verry, Claire Willemann.



Commissaires d'exposition: Ami Barak et Sandrine Wymann


Jimmie Durham, Teeths, 1996. Sculpture, dents, silex, bois et corde 200 x 300 cm. Collection FRAC Champagne Ardenne, Reims

Jimmie Durham, Teeths, 1996. Sculpture, dents, silex, bois et corde 200 x 300 cm. Collection FRAC Champagne Ardenne, Reims


Claire Willemann, Le Puits, 2010. Projection vidéo au sol Claire Willemann, Le Puits, 2010. Projection vidéo au sol

Claire Willemann, Le Puits, 2010. Projection vidéo au sol


Exposition du 9 juillet au 29 août 2010. La Kunsthalle, La Fonderie, 16 rue de la Fonderie - 68000 Mulhouse. Tél.: +33 (0)3 69 77 66 47. Ouverture du mercredi au dimanche de 12h à 18h. Nocturne le jeudi jusqu’à 20h. Fermeture les lundis, mardis et dimanche 15 août.


Archives expositions collectives 2ème semestre 2010

 Romances sans paroles
  La Kunsthalle, Mulhouse - 09.07 - 29.08.2010