Art et spectacle en Centre Bretagne à l'initiative d'Itinéraires Bis


De l'Abbaye de Bon-Repos à Plougernevel, l'art contemporain et l'art sonore dialoguent de concert avec le patrimoine architectural et naturel, des jardins privés, des lieux de vie et de travail, traçant une boucle entre six communes. 22 oeuvres et installations font se rencontrer autant d'artistes et les habitants. Réunies autour de la thématique du déplacement dans le cadre de la troisième édition de ce parcours, elles transportent leurs visiteurs vers des horizons mobiles et immobiles, étrangers et intérieurs, qui ouvrent à des échappées insolites.

Manifestation pluridisciplinaire initiée par l'association Itinéraires Bis, Atmosphères + constitue une version élargie du parcours d'art contemporain Atmosphères, organisé lors de deux biennales en 2006 et 2008. Á partir du parcours, une programmation en spectacle vivant rayonne cette année sur tout le territoire du Pays Centre Ouest Bretagne.


Atmosphères + est gratuit. A découvrir du 18 septembre au 31 octobre 2010, tous les jours en extérieur, tous les week-ends de 11h à 18h en intérieur.

Renseignements / Itinéraires Bis : +33 (0)2 96 62 76 00
Les Compagnons de l’Abbaye de Bon-Repos :+33 (0)2 96 24 82 20

Programmation 2010
Voir aussi page suivante :
D'une commune à l'autre, Victoria Klotz : Sache les voies

Mellionnec

Á Notre-Dame de la Pitié, l'installation d'Anne Le Mée, Fluenter, aborde plutôt l'univers dans sa complexité infinitésimale. Elle envisage la fusion des mondes à partir d'une exploration microscopique fascinée au coeur de la matière eau qui établit des convergences formelles avec le règne végétal.

Le manoir du Poul, ancienne demeure du chanteur breton Glenmor, îlot propice au repos, inspire à
Nicolas Fouré deux sculptures faites de matériaux utilitaires détournés dont il met en évidence le potentiel ornemental. Sans titre provisoire, faite de sangles, objets fonctionnels liés au transport, évoque un dispositif géographique. Interval, composition de plaques plastiques ondulées, dialogue avec le vallon et les toits.

La chapelle Saint-Aury abrite une oeuvre vidéo et sonore de Christine Coënon filmée à Venise. Loin de la Veduta classique, les images sont des échos flottants tissant une indétermination spatiale.

Au coeur du village, les photographies de Taysir Batniji, Pères, emmènent le visiteur dans les bazars de Gaza. Entre documents et nature morte, ces images de portraits de personnalités politiques et religieuses accrochées au milieu des marchandises s'intéressent au rapport individuel au pouvoir. Tout près, dans un atelier de tournage sur bois, Suite, vidéo de François Daireaux, élargit le voyage de l'Argentine à la Chine en passant par le Maroc, l'Ouzbekistan ou l'Inde, où il collecte des images quasi chorégraphiques des gestes répétitifs d'artisans qui renvoient au geste de l'artiste.

Devant le manoir de de Kergoran, Carte mémoire de Julien Discrit, inspirée des cartes de navigation micronésiennes dessinées en Océanie à partir du souvenir, interroge la relation subjective de l'individu au monde.

Il en va de même d'Erik Samakh dont l'installation sonore remplit de magie le jardin en terrasse du château de Trégorantec dessiné par Le Nôtre. Ecouter le chant du soleil que diffusent ses Fleütoù Tregaranteg dans les hautes futaies est une expérience fusionnante avec le son et l'espace des plus insolites.


Rostrenen

De la musique des sphères à la spiritualité, l'installation Stupa de Debesh Goswani faite de pain, de bronze et de fleurs d'Inde, et la photographie Stupa IV Sanchi présentées dans la chapelle Notre-Dame de Locmaria font se rencontrer les traditions religieuses indiennes et occidentales. Au coeur de la commune, le tintement des cloches de l'église définit l'environnement quotidien. Hughes Germain vient malicieusement le perturber par l'introduction de nouveaux motifs sonores qui mettent l'ouïe en éveil.

Saint-Gelven

L'abbaye cistercienne de Bon Repos, point de départ du parcours, appelle le sommeil en lien avec la légende de sa fondation au XIIe siècle. Un cocon insolite protégé d'une voûte étoilée, Pod, oeuvres du duo de designers Anaïs Morel et Céline Mehrand, les MÙ Design Studio, invitent à se laisser douillettement bercer par les images impressionnistes de Jutta Strohmaler , Maintenant/Eternellement, un défilé d'ombres de feuillages frémissants, tout en bruissements... Les deux jeunes filles de Mon beau château, diaporama de Michèle Cires-Brigand, explorent la demeure comme un pays mystérieux avant de se laisser ravir par l'appel de l'extérieur.

Plelauff

Au bord du canal de Nantes à Brest dont le courant s'écoule en réalité en sens inverse, la mappemonde de Jérôme Durand est comme une table d'orientation désorientée organisée à partir d'un épicentre intime.


Plouguernével

Enchaînant avec les oeuvres précédentes, celles de Plouguernével sont réunies autour du lien entre motif, végétal, territoire, et entraînent vers d'autres contrées encore. Le dispositif électro-acoustique de Jean-Michel Duchenne constitue un cinéma pour l'oreille qui enchante de manière inattendue une maisonnette du hameau de Kervélen.

Dans la vallée du Doré, au bord de la rivière, l'installation in situ de Caroline Molusson, Vol au-dessus... joue aussi avec le motif de l'image. Elle trace une ligne d'horizon flottante au-dessus des herbes d'où s'envolent vers d'autres trajectoires des feuilles disposées à la manière des chronophotographies de Marey.

Dans l'église, Strait Gibraltar de Benoît Laffiché réalisée à partir d'images prélevées sur Internet, utilise la métaphore de la migration des plantes pour évoquer les flux humains, l'utopie de la quête du jardin d'Eden et questionner le sens de l'appartenance à un territoire à l'heure de la mondialisation.

Au hameau de Coathual, nichée au coeur d'un archipel d'îlots fleuris, une petite maison bretonne devient elle-même un jardin enchanté, ornée de vitraux de moucharabieh par Samta Benyahia. Par le biais de ce motif culturel, elle aborde le métissage comme une rencontre harmonieuse, en l'occurence entre la Bretagne et l'Orient.


Gouarec

Voyage et géographie dialoguent en réciprocité pour témoigner du monde. Les oeuvres présentées à la galerie Trémel en questionnent le fonctionnement par le biais d'une cartographie écartelée entre réel et fiction. Le titre de l'installation de Jérôme Durand, La dérive des continents, donne le ton. Série de sept crânes en bronze gravés des cartes des sept continents, elle propose une géographie personnelle qui fictionne les mouvements terrestres et dit le rapport de l'individu à son territoire.

La peinture murale de Sylvie Ungauer, Le Centre du Monde, met en exergue le glissement des repères à l'ère d'Internet qui déplace le curseur à l'infini de manière aussi ludique que déstabilisante.

Et Bouchra Khalili d'aborder les flux migratoires et la dérive des sans papiers à travers la vidéo Mapping journey # 2, récit et tracé sur la carte du parcours clandestin d'un jeune tunisien jusqu'à Marseille. La frontière politique se rigidifie, devient un au-delà flou dans le vide de la nuit noire comme ces photographies de Thierry Lafontaine, Nocturne Bosphore, réalisées à Istanbul, au bord de cet entre-deux qui tout à la fois réunit et sépare deux civilisations.


© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2010. Tous droits réservés

Parcours 2010 Atmosphères + Centre Bretagne

Archives expositions collectives 2ème semestre 2010

  Parcours 2010 Atmosphères +
  Centre Bretagne - 18.09 - 31.10.2010

  D'une commune à l'autre, Victoria Klotz : Sache les voies