Dans le cadre de son année de programmation consacrée au monde de l’enfance, la Galerie d’art du Conseil général des Bouches-du-Rhône a invité Nathalie Guimard et Vincent Tuset-Anrès, directeurs de Fotokino, à assurer le commissariat de l’exposition La Forêt de mon rêve. Environ une quarantaine d’artistes y sont présentés.


Le texte de Nathalie Guimard et Vincent Tuset-Anrès

« D’abord, une constatation s’impose. La Forêt de mon rêve est des plus touffues. En dessinant les premiers contours de cette exposition, notre désir fut d’y évoquer le conte populaire et ses multiples affluents : récit fantastique, conte de fées, Märchen...

Point n’était question d’en entreprendre une nouvelle définition au regard des pratiques contemporaines, ni d’établir un corpus théorique qui serait venu se rajouter aux nombreuses analyses qui abondent en la matière. Mais plutôt d’en d’en offrir une vision sensible et originale, nourrie d’une grande diversité de pratiques artistiques, de la photographie au dessin en passant par la littérature, la sculpture et le cinéma. Il s’agissait aussi d’inventer cette exposition comme on inventerait une histoire.

Voici comment ce récit débute : « Une jeune fille sur un chemin, celui de tous les jours. Une cabane au loin, à l’orée de la forêt. La jeune fille s’en approche, et s’y perd. »

Hansel et Gretel, Alice au pays des merveilles, Le Petit Poucet, Pinocchio, Le Petit Chaperon rouge... furent les premières références qui nous guidèrent. Des contes populaires qui ont inventé, en un sens, ces moments qui parsèment l’histoire de la littérature enfantine : la rencontre de l’enfant avec l’inconnu, son égarement dans une nature enchanteresse ou effrayante. Ces moments emplis de personnages maléfiques et de rêves obscurs.

Pour traverser cette forêt, des images allaient nous accompagner. Celles qu’Aline Ahond a réalisées à cette occasion, et qui chapitrent ce récit imaginaire, construit d’autant d’autres récits possibles que d’oeuvres présentées.

 Chacune de celles-ci nous parle, fausse notre route et nous attire dans un entrelacs d’énigmes à résoudre. Par quel enchantement cette jeune fille enrubannée se retrouve pendue à cet arbre gigantesque ? Combien de petits enfants ce curieux robot de bois a-t-il déjà ingurgité ? Quel étrange sort a été jeté au propriétaire de ces bottes enfumées ?

En germant, cette forêt nous ramenait notre enfance, nos propres souvenirs de lecture, souvenirs doux et terrifiants.

Lorsque cette forêt s’est mise à pousser, nous fûmes surpris des mondes fourmillants qui s’offraient à cette exploration. Nous avons tiré la chevillette, le la bobinette cherra. »


Exposition du 29 octobre 2010 au 27 février 2011.
Galerie d’art du Conseil général des Bouches-du-Rhône, Hôtel de Castillon, 21 bis cours Mirabeau - 13100 Aix-en-Provence. Tél.: 04 42 93 03 67. Ouvert tous les jours sauf le lundi de 9h30 à 13h et de 14h à 18h. Entrée libre.

Aline Hahond, La Forêt de mon rêve, 2010, 60 x 50 cm Marie Ducaté, Emmie et les cochons, 2006 d’après les Contes d’une grand-mère, de George Sand. Collection particulière

Aline Hahond, La Forêt de mon rêve, 2010, 60 x 50 cm

im Walker, Pastel Cats, 1998. Photographie couleur 83 x 70 cm. Courtoisie Michael Hoppen Contemporary, Londres Grégoire Alexandre, Sans titre, 2003. En collaboration avec Claudia Roethlisberger. Photographie couleur, 65 x 45 cm. Collection de l’artiste Françoise Quarden, Le délice des harpies, 2009. Service en porcelaine de la Manufacture nationale de Sèvres. Assiette plate (gibier) diam. 25 cm. Collection de l’artiste. Photographie Gérard Jonica, Manufacture nationale de Sèvres

Marie Ducaté, Emmie et les cochons, 2006 d’après les Contes d’une grand-mère, de George Sand. Collection particulière

Tim Walker, Pastel Cats, 1998. Photographie couleur 83 x 70 cm. Courtoisie Michael Hoppen Contemporary, Londres

Françoise Quarden, Le délice des harpies, 2009. Service en porcelaine de la Manufacture nationale de Sèvres. Assiette plate (gibier) diam. 25 cm. Collection de l’artiste. Photographie Gérard Jonica, Manufacture nationale de Sèvres

Janaina Tschäpe, Pendulus Somnis, 2005. Glossy C-print 103,5 x 153,5 cm. Edition 3/6. Courtoisie Galerie Xippas, Paris

Grégoire Alexandre, Sans titre, 2003. En collaboration avec Claudia Roethlisberger. Photographie couleur, 65 x 45 cm. Collection de l’artiste

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La Forêt de mon rêve

Archives expositions collectives 2ème semestre 2010

  La Forêt de mon rêve,
  Galerie d’art du CG des Bouches-du-Rhône
  29.10.2010 - 27.02.2011