Communiqué de presse


Extra, entendu comme un produit de qualité supérieure, est aussi à comprendre, à travers les oeuvres exposées à l'Espace Le Carré, comme un supplément savoureux aux origines contrôlées et aux représentations consacrées du dessin. Cette exposition clôture le parcours "Ils repasseront par là", organisé en 2010 par la Malterie autour des artistes qu'elle a accueillis en résidence depuis 2005.


Réunis après expériences en résidence sur le Plateau de la Malterie, les huit artistes d'EXTRA proposent des oeuvres dans lesquelles le dessin peut être envisagé comme un médium autonome, un moyen de mise en oeuvre d'un dispositif ou d'une intention, un mode opératoire à la conquête d'un espace, d'un corps ou d'un temps.


Questionner le dessin au-dehors de ses limites traditionnelles revient à l'inclure dans une autre dimension au risque possiblement de le perdre. C'est peut-être alors dans ce moment d'égarement, lorsqu'il apparaît dans des formes diaphanes, ambiguës, tendues ou installées que le dessin acquiert sa puissance de représentation.


Dans l'installation de Wouter Krokaert, le dessin confronté à son modèle fonctionne comme un arrêt sur image et offre un espace/temps infra-mince, une scène ralentie devant laquelle le spectateur doit lui aussi composer avec l'attente et le temps.



 

© ArtCatalyse / Marika Prévosto 2010. Tous droits réservés

Extra, à l'Espace Le Carré de Lille

Comme chez Nikolas Fouré dont la performance, nourrie du geste répété et du temps passé à dessiner, inscrit une durée dans une forme finale statique. C'est le temps de l'agissement, celui du faire. Un dessin dans le dessin.


Dans ces deux oeuvres, il est question d'apparition.


Pour La Naissance de l'écriture de Bertrand Gadenne on peut parler de révélation : celle de l'image photographiée et celle de l'écriture et du message adressé. Un dessin initiatique a priori naturel qui acquiert son sens dans la lenteur de l'apprentissage. Le temps du dessin s'étire dans l'action préparée.


Chez Sai Hua Kuan, c'est dans une durée contractée que l'oeuvre spatiale composée de traits/élastiques défie le temps du regard et trace dans sa tension et son relâchement l'énergie cinglante du dessin.


Plus introspectifs, les dessins de Laurence Nicola ("Humeurs") retracent des sensations surgies du corps et de l'esprit, comme un écorché offrant un paysage organique et mental. Dans une autre tentative (paradoxale) d'aller dans les profondeurs du dessin, son travail en papier modelé ("Elévation") interroge la matérialité du support : le dessin, vivant en quelque sorte, pousse, croît, et s'extrait légèrement hors de son infime matrice.


Mathilde Lavenne et Matt Rowe viennent eux aussi brouiller le langage entendu du dessin en opérant un glissement singulier d'une dimension à une autre. Personnages et objets dessinés sur papier prennent corps dans un espace tridimensionnel recréé pour être ensuite photographié : allers-retours d'un plan à l'autre dans une tentative d'épuisement du sujet et de décryptage du réel.


On assiste ainsi dans l'exposition à tous les déploiements physiques et mentaux du dessin : confronté au travail in situ de Laurence Medori, l'espace de l'image fait corps avec son support (sur un des piliers de la galerie), s'étend et comme un effet miroir joue avec le déplacement et le regard du spectateur.


Composant avec la durée, l'espace et le corps, les oeuvres présentées débordent le dessin et explorent aux confins du médium les territoires de chacun des artistes.

"Le dessin, toujours nous dépassera."


Commissaire d'exposition : Pascal Favrel


Exposition du 19 novembre 2010 au 9 janvier 2011. Espace Le Carré, 28 rue des Archives - 59000 Lille. Tél.: 03 20 49 52 81. Ouverture du mercredi au samedi de 14h à 19h, le dimanche de 10h à 13h et de 15h à 18h.


Quelques précisions sur certaines oeuvres présentées :

Archives expositions collectives 2ème semestre 2010

  Extra
  Espace Le Carré, Lille.   19.11.2010 - 09.01.2011